Notre vie ici …

3 avril 2008

En chiffre :
67 jours depuis notre départ
300 livres côtés
4 étagères fabriquées
1 renouvellement de visa pour 3 mois
3 fusibles (toujours le mĂŞme)
26 nuits dans un endroit différent depuis le départ
7h à espérer la connection internet
19 personnes : le nombre d’habitants dans notre maison
6 pluies
1 serpent
1 souris dans la C15
27 blattes croisées chaque soir dans les toilettes
1 nid de guĂŞpe dans notre chambre
1 nuit au bord de l’océan
2 baignades Ă  Coco Beach
311 « yovo yovo bonsoir ça va bien merci ! » (en chanson)
2 réunions avec le CVD (comité villageois de développement)
2 réunions avec le chef du village
25 avocats
373 bananes
5 livres chacune (lu pas écrit)
1 calebasses de Tchoukoutchou (bière de mil)
1 week-end à Kpalimé
106 personnes à la cascade de Kpimé, arrivées en 8 min
20 rouleaux de papier toilette
1 rencontre formidable avec 1 rasta yovo
1 rencontre avec une reine yovo
1 ferme de spiruline visitée
1 mot d’amour dans le carnet pour Leslie
22 rĂŞves de fromage et de plats de nos mamans

Vous êtes nombreux à nous demander plus d’anecdotes et de précisions sur notre vie ici alors je vais essayer de vous faire partager notre vie quotidienne au village de Gblainvié.
Je pense que de parler de nourriture est une bonne entrée en matière. On trouve dans la région des cultures de : manioc, maïs, igname, tarot, haricot, riz, banane, tomate, oignon, gombo, adémé, gingembre, aubergine, carotte, piment, ananas, avocat, mangue, orange…
Les repas varient entre des bouillies le matin, de la pâte « akoumé », du fufu, des tubercules ou des bananes frites. Les plats sont souvent agrémentés de sauce à base de tomate ou d’adémé (sorte d’épinards). Des femmes viennent également au village vendre du soja, des « koklo », des jus et de la bouillie. Le matin on se réveille aux cris des vendeuses ambulantes et du moulin en face de la maison.
Nous vivons avec 19 personnes : nos deux amis yovo, Céline et Nico, Borozé le « mitomé », les grands parents, Véro et ses 6 enfants, Kafi, Xola et ses deux filles, Rebecca Félicia, Godwin et Sylvain des cousins de la famille. Les enfants sont très débrouillards, quand les adultes ne sont pas là, ils se font à manger tous seul. Les femmes et les enfants sont forts, les travaux des champs les ont endurcis. Ils portent sur leur tête des kilos de bois ou de manioc.
Dans la cour, on trouve deux foyers fixes recouverts d’une paillote et plusieurs foyers en métal, un arbre immense, 6 jarres pour l’eau et le tank qui récolte les eaux de pluies. Il y a eu quelques pluies, assez pour avoir un peu d’eau dans le tank et une souris morte. On se sert donc de l’eau du tank pour la cuisine et la toilette, quant à l’eau que nous buvons on l’achète à la pompe quand il y en a : 10 F CFA le jerricane et nous traitons pour ne pas abîmer nos organismes aseptisés.
Il y a toujours de l’animation dans la maison entre les pleurs de Victoire et Aimé, les deux pleurnichards, les pleurs de Sabine (le bébé de Xola), les rires de Félicia et Rebecca, les haussements de voix de Véro, les chants de Xola et les épisodes de course poursuite pour un coup de bâton. On ne s’ennuie pas. J’allais oublier les chèvres et les poules. Je dois aussi parler des blattes. On les retrouve tous les soirs aux toilettes. Je fais fonctionner ma lampe à dynamo afin de les faire fuir du trône. Ce sont des toilettes sèches à l’africaine.
Au village, ni eau courante, ni électricité, ni ramassage d’ordures évidemment. Les déchets sont entassés dans des espaces plus ou moins délimités et brûlés de temps en temps. Il y a quelques jours, des femmes ont planté du maïs dans le champs d’ordures : maïs transgéniques ? Les villageois sont pratiquement tous des cultivateurs. On les voit aller et venir avec des machettes, du bois, du manioc…
Le niveau de vie est très faible mais le sourire s’efface rarement de leur visage. Au village, il y a de nombreux arbres et un forêt sacrée dans laquelle nous n’avons pas le droit der rentrer. Il y a aussi une immense teckeraie à quelques kilomètres au nord du village. La poussière rouge en cette saison est omniprésente. Elle recouvre les routes, les maisons et nos livres qui patients dans la bibliothèque.
Cela fait plus d’un moins que nous sommes là et nous devons avouer que nous avons rencontré pas mal de difficulté. Le partenariat à remettre en question ? Sûrement !
Tout d’abord nous avons peut-être trop fait confiance à Dieudonné (le président de village planétaire). J’hésite à employer le verbe mentir, mais ce que l’on a pu observer dans les semaines qui ont suivi notre arrivée s’en rapproche pas mal. Il n’y avait pas d’étagères dans la bibliothèque, aucun volontaire susceptible de reprendre « la suite » après notre départ, les villageois n’étaient pas au courant, pas plus que le CVD et le chef de canton. Dans ces conditions difficiles de faire en sorte que les villageois s’approprient la bibliothèque. Tout le monde est heureux de l’arrivée d’une telle structure : « c’est bon », mais concrètement ils ne s’investissent pas encore. Il a donc fallu rencontrer les membres du CVD et expliquer quel serait notre rôle ici. Cela a mené à de nombreuses discussions autour du développement et du rôle des blancs. Nous avons été plongé dans l’histoire de la françafrique et du développement des pays des suds. Dur, dur de se retrouver dans une position contraire à nos idéologies. Nous estimons que nous ne sommes pas là pour « faire du développement » mais pour lancer une impulsion à un outil de développement. Nous ne sommes pas là non plus pour jouer le rôle de « vache à lait ». Mais quand c’est Thomas - l’homme à qui appartient la maison où nous vivons, le secrétaire de Village Planétaire et le chef de la commission Education au sein du CVD- qui met l’argent dans le projet pour répondre à nos attentes, quel malaise… Nous avons l’impression de se faire financer la bibliothèque par un seul homme. Même si nous pourrions payer certains frais (ameublement, inauguration…) nous ne voulons pas jouer ce rôle là afin de changer cette idée de domination des pays du Nord sur les pays du Sud. Vaste programme ! Mais nous sommes forcées de nous adapter et de faire avec la réalité du terrain. A toutes ces difficultés et ces remises en question, ce sont ajouter les prises de bec avec Dieudo.
A l’heure actuelle, nous craignons que la bibliothèque ne dure longtemps après notre départ. L’objectif ne serait pas atteint. Mais, il est impossible de savoir maintenant ce qui se passera dans 3 mois, comme il est impossible de prévoir ce qui se passe en ce moment. Nous verrons bien…
Hier, nous avons inauguré a bibliothèque et aujourd’hui nous sommes intervenues dans les écoles, dans le cadre des ateliers lecture. L’inauguration s’est très bien passée, beaucoup de gens différents, beaucoup d’enfants, de beaux de discours et des plus ennuyeux. A 6h du matin nous commencions la journée par une réunion chez Thomas avec des représentants du CVD pour une dernière vérification sur le déroulement de la journée. Puis construction de l’appatame, une grande paillote pour abriter les villageois qui assisteront à la fête. Toute la matinée, les enfants du village ; les femmes, les vieux aident à récupérer le bois, les branches… Belle solidarité autour de l’inauguration, chacun fait ce qu’il peut. Enfin, nous voyons les villageois s’investir. Je ne peux pas omettre l’épisode enseigne. Il y a 2 jours, j’avais confié les planches de contre-plaqué à Adjou pour qu’il la recoupe et mette des pieds pour planter dans le sol. Cela devrait être prêt à 10h. Pleines de doutes, nous partons à 9h voir si tout sera prêt. Il n’était pas là et le bois était au même emplacement que la veille. Adjou arrive parfumé de sodabi, ça promet! Avec Faroe, à tour de rôle nous travaillons avec lui pour qu’il finisse à temps. Nos amis musiciens de Lomé sont là aussi, ils interviennent entre les discours et les récitations des enfants. Le Préfet, le Député, le Chef du village, les Inspecteurs et les représentants catholiques et musulmans du village sont là. Belle journée ! Malgré toutes les difficultés, dès que la solidarité est là on peut faire de belles choses.
Les ateliers lecture constituent un beau moment d’échanges. A chaque début de séance, nous nous installons en demi cercle par terre et nous lisons puis nous discutons. L’objectif est de créer un livre par classe. Chaque enfant écrit une petite histoire et nous les mettrons ensemble pour faire un recueil. Petit à petit, nous pourrons raconter comment se déroulent les ateliers.
Même si le ton de cette newsletter peut paraître négative, je dois préciser que malgré tout ça, nous vivons de bons moments avec les enfants et nos nouveaux amis. Il y a quelques jours, à la nuit tombée partie de foot devant le mirador au rythme de la musique crachée par la sono de Sylvestre. De plus, nous nous sentons de plus en plus chez nous, si bien que lorsque nous rentrons de week end nous sommes heureux de retrouver notre village et ses habitants qui nous saluent presque tous par notre prénom même si le Yovo Yovo demeure. Dans tous les cas nous vivons une expérience formidable et c’est loin d’être fini !
Au moment où je reprends et corrige la newsletter les premiers visiteurs de la bibliothèque viennent d’arriver. Cela fait une petite heure que nous avons ouvert pour la première fois et 4 vieux sont là, ils lisent à haute voix et jouent avec Augustine au puzzle, émotion, émotion, j’ai des frissons…

9067km Le Beausset-Lomé

3 mars 2008

En chiffres:
9067km Le Beausset-Lomé
24 jours vers le sud
1 ananas partagé avec des chomeurs burkinabés
12 phacochères
17 singes
5000um, c’est ce que nous n’avons pas donnĂ© aux douaniers mauritaniens
4000 F CFA pour passer le barrage de Diama
1h de discussion avec l’assureur sĂ©nĂ©galais
1 chanteur sénégalais venant de La Ciotat rencontré à la frontière du Sénégal
87 T’es rasta? pour Faroe
1 girafe en mirage
200km en 7h
1 carter déformé
1 demi-final Ghana-Cameroun
1 nuit dans la cour de la mairie de Sandaré au Mali
2 jours au paradis Ă  Terrya Bugu
10 moustiques écrasés entre nos mains à Koutiala
24 piqûres de moustique dans la même nuit
3 grands fleuves traversés
500m dans l’illĂ©galitĂ© au SĂ©nĂ©gal pour dĂ©passement de frontière
17 jours sans changer de vĂŞtements pour Faroe
48 bananes sur 3000km
18 millimètres de poussière dans la voiture
1 nuit au Zion

Il y a 3 jours nous fêtions notre mois de départ. Le 14 février nous passions enfin la frontière du Togo, un peu endormies à cause d’un lever très matinal et en plein vent ; nous parcourons nos premiers mètres sur le sol togolais.
Depuis Nouakchott, beaucoup de kilomètres, pleins de rencontres, une belle variété de paysage et une chaleur de plus en plus pesante.
Nous avons passé haut la main l’épreuve des 80km de piste entre la Mauritanie et le Sénégal. Puis nous avons dû slalomer sur les routes sénégalaises pour éviter les nids de poule aussi gros qu’une empreinte de dinosaure.
Petit à petit le voyage s’est fait, après le Sénégal et ses immenses arbres un peu secs en cette saison, nous sommes rentrées au Mali. Notre première nuit nous l’avons passée à Sandaré, petit village à 80km de Kayes. Après avoir rencontré officiellement le maire du village et son adjoint, nous avons pu planter la tente dans la cour de la mairie. Au mali a suivi le Burkina et enfin le Togo. Quelle sensation étrange de traverser autant de pays en si peu de temps. Mais nous avons quand même réussi à partager quelques moments sympathiques tout au long du voyage.
Depuis une semaine les habitants de la maison de Thomas (secrétaire de Village Planétaire) à Gblainvié nous ont accueilli nous et deux autres français (Nicolas et Céline) en stage dans le village. Petit à petit nous prenons nos marques dans la maison. La vie s’organise dans la cour intérieure, rythmée par les jeux des enfants, le foyer où il y a toujours quelque chose sur le feu et la petite radio du grand-père.
A notre arrivée nous avons sorti les livres de la voiture, quelle émotion de voir nos 11 cartons dans le local de la bibliothèque. Ce dernier se trouve à l’angle de la maison et nous dormons dans la pièce mitoyenne à la future bibliothèque.
Depuis que nous sommes là, il a fallu enregistrer nos 772 livres sur le registre. Dès que nous sortions des livres les enfants de la maison s’approchaient de nous pour observer dans un premier temps puis prendre un livre chacun et lire à haute voix, une belle cacophonie ! Mais quel plaisir de voir les enfants s’appropriaient un livre, le regarder longuement et en prendre un nouveau pour certain, ou bien relire 10 fois le même pour d’autres. Nous nous sommes vite aperçues que pour un enfant de 10 ans les livres les plus adaptés seraient les albums jeunesse. Pour les romans on verra plus tard…
Pour ce qui est des doutes que nous avons à propos de la qualité des livres et de notre choix, il est pour l’instant difficile d’avoir une réponse mais nous pouvons déjà dire que les enfants semblent très contents et très motivés par la venue de tout ces livres.
Nous avons également rencontré les directeurs des écoles et quelques instituteurs, qui ont accueilli le projet d’atelier lecture avec enthousiasme. Nous avons donc programmé nos interventions dans les 4 écoles de Gblainvié. Nous commençons le 25 mars puisqu’il y a la composition et les vacances. En attendant nous allons préparer la bibliothèque et tenter de l’ouvrir avant la fin du mois de mars.
Vous pouvez tous imaginer que nous sommes ravies d’être enfin arrivées. Nous pouvons maintenant nous consacrer entièrement au projet, en donnant toute notre motivation et notre temps pour que les échanges fonctionnent et que l’on réussisse à faire partager notre plaisir de la lecture !!

Nous sommes le 4 février à Nouakchott !

6 février 2008

L’arbre Ă  palabres parle…

En chiffres:

5002 km
13 jours vers le sud
1 crevaison, le 31 janvier à 10h15 73,9 km après Guelmim
1 embourbement
1 ensablement
7h l’heure du lever
21h l’heure du coucher
16 arrestations
3 frontières
1 amende de 100dh bien négocié
12624 camions en Espagne
4h pour trouver El Pardal (woofing en espagne)
6 rangées de poireaux plantées en espagne
3 seaux de ciment mélangés au Pardal
3 lentilles jetées
1 verre de vodka et 1 verre de vin partagé avec un policier marocain
753 chameaux
30 dh d’eau
2 visas pour la mauritanie
0 mines déclenchées
1 boite de vache kiri
10 euros d’assurance mauritanienne
0 bakchich
12 ‘vous ĂŞtes mariĂ©es?’ en deux jours
1 demande en mariage
7 arbres sur 800 km
2 invitations à boire le thé en mauritanie
3l d’eau, c’est ce que Faroe a bu hier après-midi!!

Nous sommes le 4 février à Nouakchott!
Cela fait maintenant 13 jours que nous sommes parties.
Le 22 janvier, jour du dĂ©part nous a permis de tester la voiture: la C15 a roulĂ© 737km sans aucun problème. RassurĂ©e nous avons donc traversĂ© l’Espagne avec une superbe halte dans la Sierra de Cazorla chez Almiro. DĂ©tente et calme avant d’attaquer la traversĂ©e du Maroc.
Le 27 janvier nous avons passĂ© notre 1ère frontière Ă  Ceuta. L’apprĂ©hension face aux douaniers Ă©tait bien prĂ©sente. Mais pour rien, puisqu’il n’ont mĂŞme pas regardĂ© dans le coffre et la seule question qu’ils nous ont posĂ© Ă©tait: ‘Avez-vous quelque chose Ă  dĂ©clarer?’ A quoi nous avons rĂ©pondu non bien sĂ»r! Nos livres toujours avec nous, nous avons arpentĂ© nos 1ères routes marocaines direction Rabat. Deux jours dans la capitale afin d’avoir nos visas pour la Mauritanie. Nous avons donc sorti nos sacs Ă  dos pour se mettre en mode tourisme! La mĂ©dina de SalĂ©, le centre de Rabat, sa Kasbah et on repart vers Marrakech nos visas en poche.
Arrivé de nuit, conduite à la marocaine pour suivre le rythme des vélos, camions, mobylettes, voitures et piétons dans la ville!! Après une nuit dans la ville la plus touristique du Maroc, nous reprenons la route vers le Sud.
Depuis Laâyoune, le dĂ©sert, le plat, la route parait très longue lorsqu’il n’y a rien Ă  perte de vue (sauf bien sĂ»r, des chameaux, des pierres et de plus en plus de sables!)
De notre passage au Maroc nous avons pu nous rendre compte du peu de contacts que l’on a eu avec les femmes. Nous pensions que du fait que nous soyons des filles, ça aurait faciliter les Ă©changes, mais pas vraiment. Il faut dire que nous n’avons peut-ĂŞtre pas assez pris le temps. Nous arrangerons ça au retour!
Notre troisième frontière: la Mauritanie. Toujours cette mĂŞme apprĂ©hension, cette fois-ci un peu plus justifiĂ©e ( sortir du Maroc et entrer en Mauritanie, quel programme!!) Au poste de frontières, cĂ´tĂ© marocain la voiture est largement fouillĂ©e ( sans pour autant vider les cartons). Tous ces livres ne les ont pas perturbĂ©, ils ont Ă  peine posĂ© des questions! Après la police, la douane, les gendarmes, on avance, on nous fouille, on demande les passeports,…nous sortons enfin du Maroc! 6 km de no man’s land entre les deux pays, on dĂ©cide d’envoyer le C15 sur la piste caillouteuse, sans aucun problème jusqu’Ă  ce qu’il y ait trop de sables et l’on est coincĂ©es! Ma conduite Ă©tant parfaite, en 10 min on sort du sable pour arriver saine et sauve au poste de frontière. Re-fouille, re-passeport, puis nous passons Ă  la douane pour un ‘engagement’( qui aurait pu couter 10 euros si je n’avais pas clairement refusĂ©) Nous entrons finalement sans aucun soucis en Mauritanie!
Depuis la frontière(400km) nous avons fait face au dĂ©sert, le vrai! Du sable partout, des dunes magnifiques, puis plus rien la route…(quand on arrive Ă  la voir sous le sable) On imagine difficilement vivre dans des endroits pareils et pourtant nous traversons quelques petits villages…
Nous sommes arrivĂ©es hier Ă  Nouakchott et on commence Ă  sentir l’ambiance de l’afrique noire, doucement nous nous imprĂ©gnons du climat et des habitants.
Demain nous repartons, toujours vers le Sud: le Sénégal. Nous pensons passer la frontière demain soir.
Vous avez pu comprendre que tout se passe très bien et que nous profitons largement du périple!
Il est parfois difficile de s’exprimer correctement lorsque nous avons peu de temps pour digĂ©rer nos impressions mais j’espère avoir rĂ©ussi Ă  partager ce bout de chemin avec vous!!
A la prochaine! (qui c’est nous serons peut-ĂŞtre au Togo!!)

L’arbre à palabres parle

27 janvier 2008

photo-faux-depart.jpg

Le Beausset, le 21 janvier, 19h38.

Bien au chaud dans la maison familiale, nous rédigeons la première Newsletter d’une longue série.
Nous partons demain « à l’aube », ces derniers jours ont donc été consacrés aux préparatifs.
Il y a quelques semaines, nous hésitions encore à propos du meilleur itinéraire à prendre. L’actualité en Mauritanie a été un large sujet de conversations ; après réflexions et de nombreux conseils, nous avons décidé de longer la côte mauritanienne et de traverser le Sénégal. Cela fera un pays de plus à traverser mais plus de rencontres en perspective.
Le choix des livres au COBIAC a aussi été une étape importante lors de nos préparatifs. Par deux fois nous nous sommes rendues dans le hangar de Charleval, gentiment accueilli par Charly Malela, le bibliothécaire. Pieds et mains gelés nous avons eu la lourde tache de choisir les livres. De l’album jeunesse au roman adulte en passant par les livres documentaires, nous sommes restées quelques heures là-bas. Ce choix a été très compliqué dans le sens où nous ne connaissons pas exactement ce qui va plaire ou pas aux habitants de Gblainvié. Beaucoup de questions se posent donc, quant aux choix des livres, avons-nous fait le bon ? Nous aurons bientôt une réponse à notre question grâce aux premiers retours que nous allons avoir des lecteurs. Ces questionnements alimentent la hâte de partir et l’envie de voir les réactions de gens et de connaître leurs critiques sur nos 751 livres.
Mais avant ça nous devons traverser 7 pays soit près de 8000km. Pour effectuer un tel trajet, rien de mieux qu’un C15, ça tombe bien, il y en a un garer devant la maison. Nous l’avons attendu, il est là !! Son moteur n’a plus aucun secret pour nous, du fusible à la vidange, nous gérons la mécanique !!
Avec l’aide de grandes artistes marseillaises ( des copines de Faroe), nous avons bombé le logo de l’association sur la carrosserie, personnalisation obligatoire pour se sentir bien à l’aise dans notre nouveau domicile d’un mois.
Un mois de routes, de rencontres, de nouveaux paysages, des heures d’attente aux frontières en perspective, il est difficile d’imaginer réellement comment cela va se passer. En tout cas, l’excitation du départ est là.
L’arbre à palabres parle et va commencer à rouler…
En chiffres:
1 filtre Ă  air
1 filtre Ă  gasoil
1 filtre Ă  huile
2h de fabrication de pochoir
5 min de bombe en main
2 logos sur la carrosserie
48 CD
654 « Tchin-Tchin » au départ
5600 « Fais attention, quand même… »
5 millions de tonnes de motivation !!!

Mag-momes soutient le projet de l’association « l’usage du monde »

27 janvier 2008

L’arbre Ă  palabres c’est la crĂ©ation d’une bibliothèque dans un village Togolais qui en a exprimĂ© le besoin. Ce projet c’est aussi celui que porte depuis deux ans, Leslie, 22 ans, qui travaille rĂ©gulièrement avec nous. Il nous semble aujourd’hui intĂ©ressant de se faire l’Ă©cho de cette jeunesse qui au milieu d’un CAC 40, d’un indice de croissance et d’une course aux diplĂ´mes cherche ailleurs d’autres alternatives sans pour autant jouer les Don Quichotte. (ndw: le Don Quichotte de Cervantès bien entendu !!! )
Voici leur projet, elles nous enverront chaque mois une newsletter qui nous fera partager leur expĂ©riences…

faroeleslie.jpg
PORTRAITS…
Elles ont tout juste la quarantaine Ă  elles deux, un look cheveux au vent et jeans larges…Faut dire que leur première prĂ©occupation n’est pas lĂ , elles ont plutot les yeux ouverts sur le monde, les autres, l’ailleurs qui leur permettra comme un voyage initiatique de rencontrer une autre culture et sĂ»rement, un peu plus, elles-mĂŞmes…

Faroe, canadienne Ă©tudiante en anthropologie et Ă©cologie et Leslie provençale , Ă©tudiante en gĂ©ographie s’apprĂŞtent Ă  partir pour un long pĂ©riple de plus de 16000 km, aller-retour et un sĂ©jour de 4 mois dans un village togolais : GblainnviĂ©.

Situé à 40 kilomètres de Lomé, ce village de 1200 personnes a 4 écoles mais pas de bibliothèque.

« Ce projet, n’est pas une mission humanitaire, ni un projet de dĂ©veloppement, nous le voyons comme un Ă©change culturel. Cette idĂ©e est nĂ©e d’une rencontre et de nos passions pour les livres. Lors d’un voyage au Togo, j’ai rencontrĂ© DieudonnĂ© le responsable de l’association village planĂ©taire. Partageant la mĂŞme passion de la lecture, nous avons Ă©changĂ© sur nos livres prĂ©fĂ©rĂ©s. De fil en aiguille nous avons Ă©chaffaudĂ© ce projet ; amener un lot de livres au village de GblainviĂ© et mettre en place la bibliothèque ainsi que des ateliers lecture avec les Ă©coles. Nous avons 4 mois pour la mise en place et l’organisation avec les gens du village » explique Leslie.
Ces deux jeunes filles n’ont pas de grands discours sur l’Ă©tat du monde, ni de « missions » ou encore moins de convictions humanitaires. Si elles se posent des questions, c’est plutĂ´t d’une façon très pratique sur le dĂ©roulement de leur parcours, la mise en place de la bibliothèque, la perception de leur initiative lĂ -bas, et, ce qui les intriguent et les titillent c’est ce qui leur Ă©chappe, et leur Ă©chappera, cette partie inattendue qui fera la rencontre, l’Ă©change et la richesse de leur voyage.

Donc dimanche 20 janvier, elles quitteront, familles amis et leur vies tranquilles le C15 chargĂ© de 600 livres, une tente, deux duvets, une guitare, quelques CD pour la musique, le petit globe terrestre offert par mon frère, ce NoĂ«l, ajoute Leslie et bien sĂ»r les livres qui nous ont Ă©merveillĂ©s enfants ” l’oeil du loup”, “un poisson est un poisson”, dit Leslie, « 1984, Tom Sauyer, ajoute Faroe, et nous verrons bien si nos lectures leur plaisent, en tout cas nous en parleront… »

contacter Leslie et Faroe : lusagedumonde@hotmail.fr
L’Usage du Monde - 639 Chemin les Folies 83 330 Le Beausset

Bon vent !

Marik CainÂ